Au début du Quaternaire, l'image du cheval apparaît aux côtés de l'homme de Néanderthal dans sa forme presque définitive. Dès lors, l'histoire de l'humanité est liée à celle du cheval.

Au début de l'âge de bronze, l'homme l'a domestiqué. Tous les peuples s'efforcèrent d'utiliser l'énergie du cheval, tentant de capter au mieux sa force motrice.

La place tenue par les chevaux dans les Livres Sacrés de l'Inde antique est prépondérante, le dieu Soleil monte un cheval blanc qui devient noir la nuit.
      En Chine, trente siècles avant J-C, le cheval est connu et vénéré. Dix-huit siècles avant J-C, un peuple de pasteurs venu d'Asie, les Hyksos, envahissèrent la péninsule arabique et pénétrèrent en Egypte avec des chevaux Arabes. En Egypte, quinze siècles avant J-C, le cheval était utilisé à l'attelage, mais il semble qu'il n'y ait eu aucune cavalerie avant l'époque des Ptolémées, qui se situe aux environs du quatrième siècle avant J-C.

Ptolémée Ier Sôter, fils de Lagos, est le fondateur de la dynastie macédonienne des Ptolémées, ou Lagides, qui gouverne l'Égypte jusqu'à la conquête romaine. Les traces de l'époque ptolémaïque se retrouvent non seulement dans des documents ou monuments grecs, mais dans des textes égyptiens, hiéroglyphiques (en écriture sacrée) ou démotiques (en écriture populaire, simplifiée). L'Égypte ptolémaïque bénéficie d'une source de documentation unique, les papyrus.
      Par contre, la cavalerie prédominait dans l'armée Perse, six siècles avant notre ère. Les Parthes montaient à cru et jouaient même au polo.

Le mors apparaît en Mésopotamie dès le IVe millénaire.
      Ce n'est qu'au Ve siècle de notre ère que les Byzantins découvrent les autres éléments indispensables au développement complet de l'équitation :

A cette époque, les importations étaient massives et les chevaux étaient donc achetés aux Barbares du Nord, aux Arabes du Sud et aux Orientaux. Mais ils venaient surtout de l'Arabie.

Le cavalier peut alors utiliser toutes les ressources du cheval dans ses déplacements, ses chasses et ses combats. Les techniques équestres de l'Antiquité sont peu connues.

La récente découverte de tablettes hittites (1490 av.JC) fournit les premiers principes d'un art équestre. Ils sont dus au guerrier Kikuli et traitent de l'entraînement progressif des chevaux utilisés à la traction des chars de combat.

Plus tard, vers 424 av JC, un hipparque grec, Simon d'Athènes, remarque justement dans un ouvrage consacré à l'art équestre :

Dans ce qu'il fait malgré lui, le cheval ne met pas plus d'intelligence et de grâce qu'un danseur qu'on fustigerait et piquerait de l'aiguillon. »

Les Grecs et les Romains usèrent du cheval non seulement comme d'un moyen pratique guerrier et sportif, mais comme un des principaux éléments de leurs jeux. Il ne semble pas cependant, malgré la légende des Sybarites et de leurs chevaux dansants, que l'Antiquité ait véritablement cultivé l'art équestre, tel qu'on le conçoit aujourd'hui tout au moins.

Le tripudium des Romains, pratiqué dans les manèges, était un trépigné, ancêtre sans doute du piaffer. Les allures les plus prisées à cette époque, et communes à tous les peuples de l'Antiquité occidentale jusqu'à l'invention de la selle et de l'étrier, étaient l'ambulatoria (pas amblé) et le canterius (petit galop), deux allures de voyage les moins fatigantes pour le cavalier.

La richesse historique est importante, même si les écrits chez les peuples cavaliers de l'Antiquité et chez les Arabes manquent.

Un fossé sépare le premier ouvrage équestre écrit par le Grec Xénophon au IV siècle avant J.C. l'Art équestre au deuxième écrit de Frederico Grisone qui vit le jour en 1550 Gli ordini di cavacare.

Durant ce temps, les choses ont bougé, des peuples sédentaires comme les Chinois se mirent eux aussi à intégrer le cheval et la Grèce en fit de même.
      Dès le VIIe siècle, les Arabes par invasion, venus d'Italie du sud, d'Espagne, marquèrent de leur empreinte l'équitation occidentale. Ils vont fonder les bases de l'équitation européenne de la Renaissance.

En 732, Charles Martel battit donc les Arabes à Poitiers qui se replièrent en abandonnant une grande partie de leurs chevaux.
      Pendant toutes les croisades, un apport d'étalons orientaux améliora considérablement notre élevage.
      Les chevaliers du Moyen-Age employaient des chevaux lourds et puissants pour la guerre, mais employaient également des chevaux rapides et légers pour la chasse, les parades, les tournois....
      Leur équitation était relativement primitive et brutale, le cheval n'étant qu'un instrument à dominer.

Il faut attendre la Renaissance italienne pour voir apparaître des Académies et des Ecoles d'Equitation.
      Dans le sud de l'Italie vers 1130, un groupe d'écuyers byzantins créa une académie d'équitation.
      Au XVIe siècle, Frederico Grisone relance l'Académie de Naples.
      En 1534, l'Italien Cesare Fiaschi fonde sa propre académie.
      L'Italien Gian Battista Pignatelli formera deux illustres écuyers français :

Salomon de la Broue et Antoine de Pluvinel.

      Au siècle suivant, le père de l'équitation française, François Robichon de la Guérinière triompha au manège royal des tuileries.
      Vers 1834 François Baucher vint s'intaller à Paris. Rival du Comte d'Aure, il refuse l'essentiel de l'héritage classique. L'équitation n'a pas profité vraiment des derniers enseignements de Baucher qui proscrivait les oppositions d'aides et prêchait la légèreté.

L'histoire de la haute équitation est liée à celle des monarques et des cours. Elle contribuait au prestige de l'État, enrichissait l'art militaire, servait le plaisir et le goût des princes et des nobles.

On peut retenir deux principales traditions équestres:

Le cheval après avoir travaillé comme "bête de somme", moyen de déplacement, signe extérieur de richesse, est devenu l'ami et le compagnon de loisir de l'homme. Une fois l'an, il y avait la fête au village et c'est encore avec les mêmes chevaux (ceux qui travaillaient dur à la ferme)que l'on créait des courses et que l'on s'amusait.
      Les régiments de cavalerie, quant à eux, avaient comme préoccupation la défense nationale, ce qui entraîna une épreuve du cheval d'arme afin de sélectionner les meilleurs chevaux.

Ils s'agissait d'épreuve d'endurance sur route avec des chevaux plus ou moins chargés.
      Les officiers se lançaient des défis entre eux, deux, trois jours, voire une semaine.
      Ils arrivaient à parcourir des distances considérables.
      Il y eut des abus qui amenèrent à codifier petit à petit ces épreuves de façon à en faire une discipline.
      Ces épreuves débutèrent par des raids d'endurance puis, très vite, on s'aperçut de la nécessité d'évoluer en terrain varié et de sauter des obstacles.
      L'épreuve du cheval d'armes s'enrichit d'un temps de galop à travers champ et de saut d'obstacles.
      Le dressage n'était toujours pas pris en compte.
      Le cross-country était né, appelé ensuite championnat du cheval de selle puis military.

La mode était, à l'équitation de Haute Ecole, bien assis fièrement.
      L'italien Federico Caprilli lança la théorie sur la position en suspension (équilibre) que les Anglais avait déjà adoptée pour la chasse.
      Le colonel Danloux, écuyer en chef du manège de saumur de 1929 à 1933, ne manqua pas de s'en inspirer lorsqu'il perfectionna la monte à l'obstacle.

Colonel Danloux



Au début du XXe siècle, les classiques et les sportifs s'affrontent dans leur façon de monter.
      La préférence va se tourner vers le saut d'obstacle qui remplace petit à petit la Haute Ecole, jusqu'au point où les premières reprises de dressage internationale comportaient une épreuve de saut.
      En 1900, le dressage et le CSO intègrent les disciplines des J.O. de Paris.
      Le premier champion olympique français en CSO fut Dominique Maximilien Gardères en 1900.
      Les premiers J.O. ont lieu à Stockholm en 1912 et sont exclusivement réservés aux officiers.

Le premier concours complet international à Badminton, en 1949, accueille la première cavalière internationale (britannique).
      Il faudra attendre 1952 pour que les J.O. soient ouverts à tous les cavaliers.

L'influance des USA en équitation se fait vite sentir, puisque dès 1953, naît le Club du lasso, au Bois de Boulogne à Paris.
      L'influance militaire dans l'équitation est très forte dans ces années jusque dans les années 1970-1980 suivant les lieux géographiques.

Une période faste du niveau de vie a permis le développement et la démocratisation du cheval et de l'équitation.
      De nombreux clubs équestres ont vu le jour et l'enseignement est devenu plus pédagogique.

Le premier Salon du Cheval a eu lieu en 1971 dans l'ancienne gare de la Bastille.

De ces années, de nombreux chevaux ont donc été mis à la retraite.
     Le progrès dans la médecine vétérinaire a permis de panser bien des maux et Pech-Petit s'est créé.

Les chevaux vivent de plus en plus vieux :

      Et le doyen de Pech Petit, un poney, a 39 ans en 1999.

Aussi, de nouvelles disciplines naissent.


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