Académies et Ecoles d'Equitation

L'Ecole de Versailles

C'est en 1682 que Louis XIV inaugura les Ecuries de Versailles, mais elles fut crées en 1680.
Ce fut Mansard qui entreprit la construction des Grandes et Petites Ecuries, parfaitement symétriques et identiques, en face du Palais, car Louis XIV voulait voir ses chevaux, ses écuyers et ses instructeurs en face de sa demeure
Les Petites Ecuries étaient pour les chevaux d'attelage et les carrosses.
Lors de mauvais temps, lorsque Louis XIV ne pouvait partir à la chasse, il venait au manège faire quelques exercices.
Profitant de cette occasion, on présentait alors au Roi, les nouveaux chevaux, reçus lors de dons de la part des chefs d'Etat.
Les écuries étaient peu importantes sous Louis XIV, mais elles commenceront à prendre de l'ampleur sous Louis XV avec 2500 chevaux et plus de 300 officiers et écuyers.
Elles seront très renommées sous Louix XVI.
Les jeunes chevaux restaient environ 18 mois ou 2 ans en "reserve" et une fois dressés, ils étaient affectés à un service spécial.
Les chevaux de tête étaient désignés sous le nom de "Brides d'Argent" et passaient au rang des chevaux royaux sous le nom de "Brides d'Or".
De nombreux écuyers enseignèrent à Versailles, comme Gaspard de Saunier et le vicomte d'Abzac.
Les postulants à l'enseignement de la Grande Ecurie devaient attester d'au moins de quatre générations de noblesse militaire.
Ils étaient admis à l'âge de 15 ans en qualités de pages, où ils recevaient à l'issue de 3 années de formation le brevet d'officier et quelques fois celui d'écuyer cavalcadours.
Leurs fonctions étaient d'accompagner le Roi chaque fois qu'il montait ou se déplaçait, de donner des leçons aux pages et de dresser les jeunes chevaux.
Celui qui était nommé premier écuyer dirigeait l'enseignement équestre.
L'instruction attachait une grande importance à l'assiette, puisqu'à l'époque du Roi Soleil, la lourde armure n'était plus de mise.
Les pages (jeunes gens de famille noble), qui montaient au manège pendant 3 ans, ne prenaient les étriers et ne portaient des éperons que lors de leur dernière année.
L'Ecole eut le mérite de s'orienter vers une équitation plus souple.
Elle fut dispersée par la Révolution en 1792 et disparut vers 1830.

L'Ecole de cavalerie de Saumur


En 1963, 300 cavaliers du "Royal Carabinier de Monsieur" avaient traversé le pont sur la Loire, pour tenir garnison à Saumur.
Constituée en 1771, l'Ecole d'équitation de Saumur devait accueillir les meilleurs éléves des régiments du Roi.
Supprimée la première fois en 1778, puis réorganisée en 1815, c'est grâce au maréchal Soult, que Saumur acquiet son caractère d'Ecole d'Instruction des troupes à cheval.
Chaque régiment devait envoyer à Saumur deux lieutenants et deux sous-officiers, afin de former des instructeurs pour tous les corps de la cavalerie.
L'Ecole de Cavalerie avait pour mission de former des instructeurs pour instruire les élèves sortant de St-Cyr.
En l'honneur de la visite à Saumur de la Duchesse de Berry, en 1828, le premier carrousel fut donné.
De nombreux écuyers ont enseigné à Saumur, comme :


L'ensemble des officiers et sous-officiers de Saumur, depuis 1814, est appelé "cadre noir", nom tiré de la tenue vestimentaire noire avec galons et attributs d'or.
En uniforme de gala, écuyers et maitres portent un bicorne de feutre appelé "lampion".
Les écuyers ont une cravache noire à trois viroles d'or, les chevaux sont nattés d'amarante et portent un tapis de selle à galons d'or, une selle en daim blanc et etrier dorés.
La bride est en cuir verni noir à boucles dorées, le montant et la rêne de filet étant amarante.
L'ecuyer en chef a une selle de velours amarante et des rênes de filets dorées.
En 1830, l'Ecole s'agrandit avec la construction de la carrière Ièna, du manège Kellerman et d'une infirmerie-hôpital.
En 1850, sous l'enseignement du comte d'Aure, ont lieu, les premières courses militaires dans les prairies des environs.
Un parcours d'obstacles fixes est alors construit au Chemin-vert, et, tous les élèves doivent effectuer le parcours.
Le service vétérinaire se développe et restera installé à l'Ecole jusqu'en 1940.
En 1860, il y eut deux faits importants pour l'Ecole :
En 1866, Paris eut l'honneur d'aplaudir pour la première fois le "Cadre Noir".
En 1870, l'Ecole fut dispersée par la guerre et réorganisée en 1872 sous le nom d'Ecole d'Application de la Cavalerie et jusqu'en 1939 Saumur comptera 3 sections :
  1. l'instruction militaire
  2. l'enseignement général
  3. l'enseignement de l'équitation appelé : Manège ou Cadre Noir.

Jusqu'en 1914, Saumur comptera environ 800 chevaux car l'Ecole est dispersée par la mobilisation et après l'Armistice, elle rouvre ses portes.
Dès 1922, sous la direction du commandant Wattel, Saumur présente la reprise des écuyers et la reprise des sauteurs en liberté.
En 1925, le chiffre de possession de chevaux de l'Ecole est faramineux : 1250.
En 1939, mobilisation de nouveau, qui vide l'école, mais celle-ci continue jusqu'à l'occupation et s'en va à Tarbes et dès le printemps 1945, une Ecole d'Application de l'Arme Blindée et de la Cavalerie se réinstalle à Saumur, et le colonel Margot rétablit le cadre Noir.
En 1972, lors du soirée de gala en l'honneur de la reine Elisabeth II d'Angleterre, un décret crée l'Ecole nationale d'équitation.
En 1984, le Cadre Noir quitte difinitivement les installations de l'Ecole d'application de l'armée blindée et de la cavalerie pour s'installer sur le domaine de Terrefort d'une superficie de 300 hectares.
La reprise des sauteurs en liberté, rapelle l'héritage de l'Ecole de Versailles et elle conserve 3 airs relevés :
  1. la courbette
  2. la croupade
  3. la cabriole : le cheval s'élève, les postérieurs tendus en arrière

La reprise de manège, quant à elle, est une véritable chorégraphie.


L'Ecole espagnole de Vienne


L'empereur Charles VI (1685-1740) empereur germanique de 1711 à 1740 est rentré en possession des Pays-Bas espagnols et des possessions italiennes des Habsbourg (Milan, Naples, puis la Sicile).
Il fut destiné dès son plus jeune âge à régner sur l'Espagne, puisque le dernier Habsbourg d'Espagne, Charles II, était manifestement stérile.
En 1735, il fonda à la Hofburg, dans l'ancien palais des Habsbourg, le manège de l'Ecole espagnole de Vienne, réputé le plus beau du monde.
Son architecture fut inspirée par la chapelle du château de Versailles.
Mais pourquoi Ecole Espagnole ?
Tout simplement parce que les chevaux utilisés sont des lipizzans et qu'ils ont une ascendance andalouse.

Le général Décarpentry définit ainsi la mission de cette école :
«la conservation de l'art équestre dans sa forme la plus élevée selon les traditions laissées par les maîtres du XVIIIè siècle [..]»
«L'enseignement de l'Ecole n'est pas exclusivement réservé à ses élèves écuyers.
Il était autrefois limité à l'instruction des officiers de la cour, des dignitaires de l'Empire et de quelques offciers de l'armée.
Plus tard, l'Ecole reçut également des jeunes gens de la haute bourgeoisie et des officiers des armées étrangères.
Les deux écoles les plus réputées de l'ancienne Allemagne celle de Hanovre (autrefois à Göttingen) et celle de Munich, furent fréquemment dirigées au XIXè siècle par d'anciens élèves de la Spanische Schule, dont l'influence équestre est restée prédominante dans toute l'Europe centrale.»

Il faut savoir qu'aucune guerre, qu'aucune révolution n'a interrompu son activité.
Des représentations sont données avec des étalons lipizzans.
Lors des entrainements, le manège est un lieu calme.
Par tradition, les commandements sont toujours lancés en sourdine et toute réprimande sur un ton élevé, toute manifestation violente, comme le disait le Colonel Alois Podhajsky, porterait atteinte au talent naturel des chevaux et au plaisir qu'ils éprouvent à l'exercer.
Il a publié un ouvrage remarquable sur les principes et la méthode de l'Ecole espagnole.
Les lipizzans destinés au manège sont choisis avec le plus grans soin.
Au Haras de Piber, dans les montagnes de Styrie, on sélectionne les étalons faisant preuve d'aptitudes spéciales et, comme mères de la génération suivante, les juments dont la formation et le tempérament paraissent le mieux en rapport avec les leurs.
A part une longe, les lipizzans ne connaissent aucun autre travail avant l'âge de 4 ans.
Les séances sont limitées à trois quart d'heure par jour.
Le Colonel Alois Podhajsky disait :
«Ce serait une erreur d'aller trop vite. Quand nous commençons à les faire travailler, nous tenons à ce que cela leur plaise.
Le dressage demande une patience infinie et ¾ h par jour de travil, c'est le maximum que la mentalité d'une cheval puisse supporter.
Une leçon ne doit jamais les fatiguer ou les décourager.»

Quand le jeune Lipizzan a appris le pas, le trot, le galop, il se familiarise avec les mouvements de plus en plus compliqués.
En tout premier, c'est l'appuyer, ou progression latérale au pas , au trot, puis viennent les allures «rassemblées», le changement de pied, le piaffer et le passage.
Mais en plus de ces figures de dressage, l'Ecole de Vienne pratique les «airs relevés» qui demandent encore plus de patience.
Dans la levade, le cheval lève les antérieurs et se tient sur les postérieurs, jarrets fléchis et reste dans cette position tant qu'il n'a pas reçu l'ordre de retomber sur ses quatre membres.
Dans la croupade, le cheval exécute une ruade en gardant les antérieurs bien au sol.
Dans la cabriole, le cheval s'élève, les postérieurs tendus en arrière.
Le travail aux longues rênes restent une spécialité des écuyers de l'Ecole de Vienne.


Ce travail a pour but de préparer les chevaux à se rassembler, à piaffer et à exécuter les sauts qui ne portent pas les mêmes noms qu'à Versailles et diffèrent quelques peu de ceux de Saumur.

Les écuyers de L'Ecole de Vienne sont choisis et entrainés aussi soigneusement que les chevaux.
Leur formation dure environ 5 ans.
Chaque novice agrée a affaire à deux instructeurs : un écuyer chevronné et un cheval expérimenté.
Les cavaliers d'expérience dressent les jeunes étalons et les chevaux «exercés» dressent les jeunes cavaliers.
Pour un Lipizzan entrainé, la plus légère action sur les rênes ou le moindre changement d'assiette du cavalier sont des signaux.
Lors d'une représentation, d'immenses portes s'ouvrent à une extrémités du manège et, le maitre de manège en tête, les étalons entrent à pas comptés.
Les écuyers s'avancent jusqu'au portrait de l'empereur Charles VI, accroché à l'autre extrémité du manège, s'immobilisent, le colonel en tête, et ôtent d'un geste lent leur bicorne, le tenant à bras tendu, pour saluer le Monarque.


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